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Le frère de Ruzindana Obed est arrêté aux Pays-Bas
Date: 10-août 2006
Kivange Egide Aigle
Correspondant RDG
Un Rwandais suspecté d’avoir participé aux massacres lors du génocide rwandais de 1994 a été arrêté lundi à Amsterdam pour être jugé par la justice néerlandaise, a annoncé jeudi le parquet national.
Selon des témoins interrogés par les enquêteurs néerlandais, il aurait notamment "joué un rôle dans différentes attaques contre des Tutsis à Mugonero, dans la région de Kibuye dans l’ouest du Rwanda, indique un communiqué du parquet.
"Il aurait donné entre autres l’ordre de tuer des Tutsis transportés par ambulance lorsque celle-ci a été arrêtée à un check-point", précise le ministère public.
Joseph Mpambara est également suspecté d’avoir appartenu aux Interahamwe, une milice du parti étatique MRND (Mouvement Républicain National pour le Développement et la Démocratie), responsable de la mort de milliers de civils dans la région de Kibuye entre avril et juin 1994.
Une première audience de procédure devrait avoir lieu d’ici trois mois, délai maximum renouvelable pour maintenir une personne en détention provisoire aux Pays-Bas, a précisé à l’AFP Désirée Leppens, porte-parole du parquet.
Son frère, Obed Ruzindana, a été condamné en appel en 2001 à 25 ans de prison pour génocide et crimes contre l’humanité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha en Tanzanie.
Cette annonce intervient au lendemain d’une fuite dans le journal britannique The Guardian, selon laquelle l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a demandé à la justice britannique de poursuivre deux génocidaires présumés rwandais qui vivent en Grande-Bretagne.
N’étant pas en mesure de juger tous ses accusés dans les délais imposés par le Conseil de sécurité de l’Onu, le TPIR a en effet décidé de renvoyer des affaires devant des juridictions nationales.
Le Conseil de sécurité, qui a créé le TPIR, lui a ordonné d’achever les procès en première instance en 2008.
Les Pays-Bas ont donné à leurs tribunaux la compétence pour poursuivre leurs ressortissants ou des personnes résidant aux Pays-Bas qui se seraient rendues coupables de crimes à l’étranger.
Seuls les détenteurs de la nationalité néerlandaise peuvent toutefois être poursuivis pour génocide.
"Le gouvernement souhaite donner le signal national et international que les Pays-Bas ne sont pas un abri pour les coupables de tortures et les criminels de guerre", précise le communiqué.
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